La gérodontologie ne consiste pas à appliquer un traitement standard aux personnes âgées. Elle adapte les objectifs, les gestes et le rythme des soins à la santé générale, aux priorités et au degré d’autonomie de chaque personne.

Repère 1Ne pas attendre la douleur

Une inflammation gingivale, une carie ou une prothèse devenue instable peuvent évoluer discrètement. Des contrôles réguliers permettent d’identifier plus tôt ce qui gêne la mastication, l’hygiène ou le confort. La fréquence utile dépend de la situation médicale et bucco-dentaire : elle se décide avec le chirurgien-dentiste.

Repère 2Adapter l’hygiène aux capacités réelles

Lorsque les gestes deviennent difficiles, l’objectif n’est pas de culpabiliser mais de simplifier : prise en main plus facile, brosse adaptée, organisation visible et aide d’un proche ou d’un professionnel si nécessaire. Les dents, les espaces interdentaires, les muqueuses et les prothèses n’ont pas tous les mêmes besoins.

Le Réseau SBDH-RA souligne que certaines déficiences fonctionnelles ou cognitives peuvent réduire l’autonomie pour l’hygiène orale. Il recommande une réponse adaptée qui s’intègre à la prise en charge globale de la personne.

Repère 3Parler d’une bouche sèche

La sensation de bouche sèche ne doit pas être banalisée. Elle peut notamment être associée à certains médicaments et augmenter l’inconfort ou le risque carieux. Il faut en parler au chirurgien-dentiste et au médecin ; un traitement ne doit jamais être arrêté ou modifié sans l’avis du prescripteur.

Repère 4Entretenir et faire contrôler les prothèses

Une prothèse amovible mérite un nettoyage quotidien et un contrôle lorsqu’elle blesse, bouge ou ne permet plus de manger confortablement. Une ancienne prothèse peut aussi masquer une irritation : retirer, nettoyer et observer régulièrement aide à repérer plus vite une anomalie.

Repère 5Reconnaître les signes qui justifient un avis

Une douleur persistante, un gonflement, un saignement inhabituel, une dent mobile, une prothèse qui blesse ou une lésion qui ne disparaît pas doivent conduire à demander conseil. Une difficulté nouvelle à mâcher ou à avaler mérite également d’être signalée.

Pour les aidants. Un changement de comportement, un refus de manger, une mauvaise haleine inhabituelle ou une main portée fréquemment à la bouche peuvent traduire un inconfort chez une personne qui l’exprime difficilement.

Une prise en charge coordonnée

En cas de perte d’autonomie, la santé orale implique souvent plusieurs acteurs : la personne, son aidant, le chirurgien-dentiste, le médecin traitant et parfois l’établissement médico-social. Les travaux de SOHDEV sur les correspondants en santé orale montrent l’intérêt d’une organisation pérenne au sein des EHPAD. L’Ordre national des chirurgiens-dentistes insiste lui aussi sur le maillage territorial et l’orientation vers l’offre de soins la plus adaptée.

Au Cabinet Dentaire Mont d’Ouest, cette coordination fait partie de l’évaluation. Le projet de soins tient compte de ce qui est médicalement indiqué, mais aussi de ce qui est réalisable, compris et utile pour la personne.

Sources et ressources

  1. UFSBD — Seniors de plus de 60 ans.
  2. SOHDEV — Projets Dépendance, étude ESOPAD et campagne SeniorSourire.
  3. Réseau SBDH-RA — Handicap, dépendance et parcours de soins adaptés.
  4. Ordre national des chirurgiens-dentistes — Accès aux soins bucco-dentaires.
  5. ARS Île-de-France — Santé bucco-dentaire des personnes âgées.
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