Le texte ordinal de 2022 mérite d’être relu aujourd’hui : il ne promettait pas un cabinet dentaire virtuel. Il décrivait un moyen de repérer, d’orienter et de réduire le renoncement aux soins, notamment pour les résidents d’EHPAD et les personnes en situation de handicap.
Ce que l’ONCD alertait en 2022
L’Ordre soulignait un paradoxe : le Code de la santé publique et les guides de bonnes pratiques permettaient déjà aux chirurgiens-dentistes de réaliser des actes de télémédecine, mais leur déploiement restait freiné par l’absence de cadre conventionnel adapté et par le manque de données d’activité.
Le dossier citait le dispositif Tel-e-dent dans la Creuse. Des images intra-buccales recueillies en EHPAD étaient interprétées par une équipe dentaire afin de repérer les besoins et d’orienter les résidents vers un parcours de soins lorsque cela était nécessaire.
Une évolution conventionnelle depuis 2022
L’avenant n° 1 à la convention nationale des chirurgiens-dentistes, signé en juillet 2024 puis publié, a ouvert la téléexpertise bucco-dentaire afin de favoriser la prise en charge de personnes éloignées du système de soins. Cette évolution répond à une partie de l’appel formulé par l’ONCD.
Ce que la télémédecine peut réellement résoudre
Elle peut qualifier une demande, accélérer une orientation, préparer un déplacement complexe et éviter qu’une douleur ou une infection reste invisible faute d’accès immédiat au cabinet. Elle peut également soutenir certains suivis après un geste lorsque le protocole précise les signes attendus et les critères d’alerte.
- Repérage des besoins en EHPAD ou en établissement médico-social
- Avis d’un chirurgien-dentiste à partir d’informations sécurisées
- Orientation vers le niveau de soins adapté
- Préparation du rendez-vous et du transport
- Suivi structuré d’une évolution entre deux consultations
Ce qu’elle ne doit jamais faire croire
Une photographie ne permet pas toujours la palpation, l’imagerie, l’examen complet ou le geste thérapeutique. La qualité des images, l’identité des intervenants, le consentement, la sécurité des données et la possibilité d’un examen en présence conditionnent la fiabilité du parcours.
La télémédecine ne doit donc ni retarder une urgence ni fabriquer une fausse assurance. Sa bonne mesure est simple : permet-elle au patient d’accéder plus vite à la décision clinique appropriée ?
De l’accès aux soins au suivi hors du cabinet
Le même principe peut prolonger le parcours après une intervention : recueillir un signal utile, rassurer lorsque l’évolution est attendue et attirer l’attention du praticien lorsqu’une situation le justifie. Le système ne remplace pas la décision clinique ; il organise l’information entre le patient et l’équipe.
Pour les personnes âgées ou dépendantes, cette continuité est particulièrement utile lorsque l’expression de la douleur est difficile, que l’aidant change ou qu’un déplacement demande une organisation lourde.
Sources et ressources
- ONCD, La Lettre n° 198/22 — « Télémédecine bucco-dentaire : l’urgence ».
- Legifrance — Avenant n° 1 à la convention nationale des chirurgiens-dentistes.
- Ordre national — Prise en charge des patients en EHPAD.
- SOSS — Centre documentaire.
Contenu d’information générale. Il ne remplace ni un examen clinique ni un avis médical ou dentaire individualisé.